Les Infiltrés - 89 %

Les Infiltrés - 89 %
Les Infiltrés (The Departed) / Martin Scorsese, USA - 2006

A la hauteur de l'attente (Attention, spoilers)

Quiconque a vu (et apprécié?) Infernal Affairs sait que s'atteler à un remake, ou même une relecture, n'est pas une mince affaire. Les qualités intrinsèques de l'original étant surtout dues à la classe s'en émanant (et de ses acteurs, et de sa mise en scène), une reprise reste délicate, voire impossible. Sauf si, comme ici, elle tombe entre des mains expertes.

A quelques originalités de mise en scène près (on notera quelques arrêts sur image, fondus au noir rapide, ralentis et autres surimpressions d'images), Scorsese livre un métrage plus posé que l'original. On sent bien la maîtrise visuelle de quelqu'un qui sait ce qu'il a à faire, et peut-être aussi de quelqu'un qui sait comment se dégager de l'œuvre originale. Utilisant nombre de musiques existantes (notamment le Gimme Shelter des Stones), là où Lau et Mak n'utilisait quasiment qu'un score instrumental, la bande originale soutient parfaitement le métrage de bout en bout, malgré un montage musical parfois abrupt (on compte plusieurs où la musique est coupée net, juste pour permettre deux lignes de dialogue, puis reprenant quelques secondes plus tard). Par contre, un reproche: l'utilisation parfois abusive de sang, ce qui n'est pas vraiment ici le propos (en particulier lors de la mort de Quinnan et de Costello)

C'est aussi sur le plan scénaristique que The Departed que Scorsese s'émancipe de l'original. En effet, si l'on peut clairement parler de remake, ce serait plus d'un remake comme le fut le King Kong de Jackson, que comme celui plan pour plan de Psychose par Van Sant.
Mais si le récit y perd en intensité, il y gagne en densité. Malgré quelques passages un peu longuets (on ne peut difficilement passer de 1h30 à 2h30 de métrage sans avoir quelques longueurs). Cependant, le récit suit quand même plus que largement la trame de l'original, en déplaçant par contre le deal d'ouverture vers le milieu de métrage, et en ajoutant une fin certes plus logique d'un certain point de vue, mais rendant plus absurde le comportement de la compagne de Sullivan. Par contre, une raté notable: la scène de la mort de Quinnan, puis de la deuxième taupe, qui perd ici toute intensité et toute émotion.

Quant au casting, il est par contre irréprochable du début à la fin. Le duo Di Caprio / Damon, tous les deux justes et nuancés. Nicholson est impeccable aussi, bien que parfois un peu grand-guignolesque (lorsqu'il ressort tout naturel des toilettes du bar, du sang jusqu'au coude). Martin Sheen s'en sort bien dans la figure de père (ce que l'on ressent particulièrement lors du rendez-vous avec Dingam et Costigan). Baldwin, lui, n'a pas un rôle des plus importants, mais prouve qu'il est encore capable de faire bonne impression (notamment lors de ses joutes avec Wahlberg). Quant à Wahlberg, c'est lui la bonne surprise du casting, tout à fait cru et vulgaire, mais extrêmement attachant.

Ainsi, si le film n'interdit pas la comparaison avec l'original, il est clair que peu importe l'estime qu'on lui portait, Scorsese réussit ici un coup de maître, égalant ses grandes réussites personnelles (comme Casino par exemple).

Note : 89 %

Critiques presses

A noter que le film a remporté 4 Oscars 2007:
Meilleur film, meilleur réalisateur (Martin Scorsese), meilleur scénario adapté (William Monahan) et meilleur montage (Thelma Schoonmaker).
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# Posté le samedi 03 mars 2007 10:43

Modifié le samedi 14 avril 2007 18:30

Shortbus - 92 %

Shortbus - 92 %
Shortbus / John Cameron Mitchell, USA - 2006

De l'amour à l'état pur

Shortbus n'est pas vulgaire ni provocateur, et encore moins du Larry Clark.
Shortbus n'est pas un film de sexe.
Shortbus n'est pas un film sur le sexe.
Shortbus est un film où le sexe a une place importante. Comme dans la vie courante, en fait.
Shortbus est un film à part.
Shortbus est LE FILM DE L'ANNEE 2006 (ex aequ avec LE PARFUM)

Se rapprochant de prime abord de 9 Songs, ou même Romance, on se rend rapidement compte que, passé l'introduction, on s'en éloigne très rapidement, délaissant le traitement visuel des scènes de sexe pour un traitement plus émotionnel.

Ainsi, malgré un nombre un poil trop grand de personnages (certains étant du coup moins développé que d'autres), on se prend très vite d'affection pour quasiment chacun d'eux, même si l'on est toujours à la limite du stéréotype (l'homosexuel suicidaire et son petit ami totalement amoureux, la sexologue qui n'a jamais d'orgasme=paradoxe, la prostituée SM avec trauma d'enfance inclus, le patron du club typé grande folle....).

Pourtant, il existe durant tout le film une sorte de dualité, qui ne choque que si l'on n'est pas capable de passer au-delà: c'est bien la représentation crue de scènes de sexe, ce dès l'introduction donc (on passera sur l'autofellation + éjaculation en gros plan, et autres pratiques diverses). Car, si John Cameron Mitchell va au bout de son propos, ces scènes sont filmées sans complaisance, mais avec une véritable tendresse émanant des acteurs. Et même au milieu d'une partouze, ce sont bien des grands élans d'amour, de tendresse qui sont livrés tels quels sur la pellicule (cf la rencontre avec "l'ancien maire de New York", si ça ce n'est de la tendresse à l'état pur...).
Jusqu'à l'explosion libératrice finale, où c'est une fanfare qui semble bien libérer les gens du club et leur permet de se lâcher complètement, c'est un peu la place du sexe dans le couple qui est remise en question, mais aussi, d'une manière moins explicite, la place de l'autre, l'importance de la compréhension, de l'attention.
Peu importe le bord où l'on se situe, c'est aussi la compréhension de soi qui est au centre du film. Si l'on ne se comprend pas soi-même, comment les autres le pourraient-ils ? (à replacer en dissert' de philo ça).

Ainsi, si l'on trouve avec Shortbus l'un des films les plus ouvertement osés de cette année 2006, on y trouve aussi une des plus grandes déclarations de tendresse et d'amour faite au monde entier. Et ça fait du bien.

Note : 92 %

Critiques presses


En plus :

le dossier Shortbus d'Ecranlarge, ainsi que leur interview du réalisateur, John Cameron Mitchell.

# Posté le samedi 03 mars 2007 11:19

Modifié le samedi 28 avril 2007 11:33

Uwe Boll (RIP)

NB: Non, il n'est pas mort, encore heureux, j'sais pas ce qu'on ferait sans lui.
NB2: l'auteur de ces lignes ne cautionne que House Of The Dead, chef d'oeuvre du portnawak involontaire.

Tout d'abord, Uwe Boll est allemand.
Mais surtout, Uwe Boll est con. Trèèèèèèès con.
Pire encore, il est réalisateur. Et il ne fait que des adaptations de jeux vidéos en plus.
Le comble bref.

Mais que fait Uwe Boll exactement ?
Réponse 1: De la merde.
Réponse 2: De la merde.
Réponse 3: De la merde.
Réponse 4: La merde à Obi Wan Kenobi.

En 1, House of The Dead. En 2, Alone In The Dark. En 3, Bloodrayne. Et en 4, à venir, Postal. Paraitrait même que des gens plus cons que lui (si si je vous assure) lui aurait refilé 60 millions de $ pour adapter Dungeon Siege. Un autre con a fait House Of The Dead 2 (qui se paie le luxe d'être plus pourri que le 1er). Et ce cher Uwe nous prépare Bloodrayne II (avec Pat Garrett et Billy The Kid, alors là allez savoir !).
Il a demandé à se faire appeler Dr Uwe Boll, en plus.
Et pour mieux se faire avoir, il met des acteurs "connus" sans ses films, le salaud.
Y a pas de justice sur Terre.

Le problème, énoncé ci-dessus, c'est que ce cher Dr Uwe aurait plutôt dû devenir chaudronnier, ça lui aurait mieux convenu. En gros, il filme avec les pieds. Et encore, des pieds bots. Carrés, et gauches, les pieds bots. Le pire, c'est que ça marche, vu que les producteurs en redemandent.

Mais ça ne trompe pas tout le monde, heureusement. Alors, les journalistes, ben ils font rien que d'être méchants avec lui. Même qu'ils disent que ces films, ils sont tout pourris. Alors, Uwe, il aime pas les journalistes. Et comme il y aura de la boxe dans Postal, il les a invité, tous frais payés, à venir se battre contre lui. Pour qu'ils leur casse la gueule, à ces méchants journalistes.

Mais le fait (historique) reste que les 3 films qu'il a réalisé jusqu'à présent sont dans le Top 100 IMDB .... des pires films existants. Pas mal, non ?

Alors, attention, vous êtes prêts ? Parce que, soit vous avez beaucoup, beaucoup d'humour, et vous allez vous fendre la gueule pendant 1h30 sur House Of The Dead (parce que les 2 autres restent de la merde, faut pas abuser non plus), soit vous avez vraiment beaucoup de temps à perdre.
Uwe Boll (RIP)

# Posté le samedi 10 mars 2007 17:21

Modifié le samedi 10 mars 2007 17:41

House Of The Dead - pas notable

House Of The Dead - pas notable
House Of The Dead / Uwe Boll, USA - 2003

Attention, chef d'oeuvre du n'importe quoi, apologie de l'anti-cinéma (et encore, quasi ex-aequo avec Alone In The Dark), bref, à voir pour:

- les comédiens (pas acteurs, attention, pas d'amalgames, on est dans une comédie involontaire), mauvais comme jamais (voir Jürgen Prochnow qui effectivement a vraiment l'air de s'amuser comme un fou) et surtout qui ne comprendront jamais pourquoi ils ont fait ce film et comment ils viennent de s'auto-déclarer Has been.

- l'histoire: l'intro, à mourir de rire ("elle fait de l'escrime, mais je n'ai jamais compris à quoi ca lui sert" et autres), la "party" (10 ados qui dansent au milieu d'une foret, avec un peu de musique boum boum), les zombies qui arrivent (peut-etre attirés par les paires de seins dissimulés ca et là dans le film de facon subliminale - "viens on va se baigner. Ben t'es passé où? t'es pas drole"), mais surtout l'explication du pourquoi du comment ("pourquoi les zombies, tout ce sang, etre immortel?" "pour être toujours en vie, bwah ha ha!") et le combat final ("ouah je me prend une épée en plein coeur et je survis!" ah tiens, c'est pour ca l'escrime alors, le combat d'épées -ben oui, un combat à l'épée, avec le mechant zombie, normal-. Les zombies, c'est plus ce que c'était.).

MAIS SURTOUT pour le style Boll, DR Boll:
- le maquillage des zombies, genre je me balance un pot de Nivéa sur la tronche.
- le Bullet Time lors du méga combat de la mort, utilisé n'importe comment, pour chaque personnage, et toutes les 10 secondes, avec la caméra qui tourne et tout et tout.
- les extraits du jeu en plein milieu de n'importe quelle scene (un bateau qui navigue, hop! une image du jeu avec un zombie qui se fait désinguer sur borne d'arcade).
- les bruits des tirs vu d'en dessous de l'eau (des ressorts qui se détendent, référence aux Tontons flingueurs sans doute).
- et puis les coups filmés de telle sorte qu'on voit qu'ils ne touchent pas, les trampolines visibles, les explosions quand on sait plus quoi faire.

Un film intégralement en roue libre, mais qui donne envie d'attendre tous les prochains Uwe Boll, tellement on se marre. Enfin, tout dépend de votre seuil de tolérance.

Note : pas notable

Critiques des spectateurs (faites bien attention à ceux qui ont trouvé des qualités au film. Sont pas nombreux, mais je crois qu'ils n'ont pas du voir le même film que moi)

A aller voir pour se fendre encore un peu plus la gueule, c'est la liste des gaffes du film. Il y en a 36 000, toutes plus grosses les unes que les autres, c'est à mourir de rire.
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# Posté le samedi 10 mars 2007 17:32

Modifié le mercredi 05 septembre 2007 17:16

Alone In The Dark - 06 %

Alone In The Dark - 06 %
Alone In The Dark / Uwe Boll, USA - 2005

Uwe Boll, valant tout autant son pesant de cacahuètes que le vraiment, mais alors vraiment, très foireux House Of The Dead, voici ce que l'on pourrait appeler le 1er "Uwe Boll à gros budget". Avec des "stars" comme Christian Slater (bon passe encore) et les seins de Tara Reid (là on commence déjà à déchanter, vu qu'on les voit nulle part dans le film), ce film "d'angoisse" ne fait rien sauf faire perdre du temps. Sauf si, encore une fois, on sait apprécier les films de ce calibre au second degré. Et encore...

La trame est une fois encore naze, il n'y a pas d'autre mot. Avec pourtant un support comme les quatre jeux Alone In The Dark, on aurait pu avoir un résultat bien supérieur au scénario de House Of The Dead. Eh bien que nenni!
Des méchants arrivent pour tuer tout le monde, et paf, le gentil arrive pour les claquer. Lui et Tara Reid, car que serait un Uwe Boll sans ses fameux "plans nichons" pour appâter le chaland. Et bien, ici, il n'y en a pas. Donc, pas de scénar, pas d'acteurs, pas de "plan nichons". Reste l'action, et/ou l'angoisse.

Pour l'angoisse, on repassera, même House Of The Dead faisait sursauter à un moment (pas de bruit, un gros son, avec la TV à fond, ça fait sursauter). Trois scènes dans le noir, juste pour dire. Et parmi celle-ci, une des deux grosses fusillades typiques du Docteur.

La première: des clignottements Marines/fond noir qui tirent à tout va en huis clos sur des bestioles-CGI immondes, riff (unique) de guitare électrique bien lourde, petit ralenti (mais pas de Bullet Time ouf)
La seconde, en plein air, digne succession de celle de House Of The Dead, avec des explosions partout quand on sait plus quoi faire, des gens qui meurent sans qu'on comprenne ce qu'il se passe à l'écran. Bref, du Boll quoi.

Enfin, passons sur le combat introductif qui, après quelques lignes stupides de la voix off de Slater, nous amène à nous rappeler ce que sait filmer Boll: RIEN. Les bullet time sur le "zombie" pour des tirs non mortels, les coups qui ne touchent pas (par contre, on ne voit plus le trampoline lors des sauts de kangourou). Tou ca pour en arriver à: Slater sait se battre. Cool. Et ca sert à quoi pour l'histoire? A rien. Pas de Boll (ha ha)

Et donc le film? Bah rien. Au moins, House Of The Dead arrivait à nous faire rire, lui.

Note : 06 %

Critiques des spectateurs (faites bien attention à ceux qui ont trouvé des qualités au film. Sont pas nombreux, mais je crois qu'ils n'ont pas du voir le même film que moi)
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# Posté le samedi 10 mars 2007 17:39

Modifié le samedi 14 avril 2007 18:25