En introduction

Après avoir officié sur Allociné et Ecranlarge, je prend un peu d'indépendance et prend tribune libre sur Skyblog.
Ici, vous trouverez donc régulièrement des critiques et autres analyses de film ou séries plus ou moins populaires et plus ou moins récents (l'âge et la popularité n'ayant rien à voir avec la qualité, bien entendu !).

On va commencer soft, avec une chtite critique de derrière les fagots de The Devil's Rejects, de Rob Zombie (USA - 2006). Suivra deux films et une série qui me tiennent à coeur: l'adaptation des Lois de l'attraction, par Roger Avary (USA - 2002); Shortbus, de John Cameron Mitchell (USA - 2006) et la reprise 2003 de Battlestar Galactica, par Ronald D. Moore.

Bien entendu, n' hésitez pas à poster vos avis sur tout cela !

# Posté le samedi 17 février 2007 11:58

Modifié le vendredi 23 mars 2007 11:26

Récapitulatif

Les séries TV sont présentées comme [[ceci]]). Les films chinois, japonais et coréens sont en bleu et les films indiens en violet.
Les étoiles sont une notation approximative, allant de - à *****.
(les bonnes daubes sont notées en vert, les petites perles en bleu)

# Posté le samedi 17 février 2007 11:59

Modifié le mardi 09 septembre 2008 16:11

The Devil's Rejects - 83 %

The Devil's Rejects - 83 %
The Devil's Rejects / Rob Zombie, USA - 2006

J'aurai tout lu sur ce film. A tel point que je me demande si tous ceux qui en parlent l'ont vraiment vu.
On notera des dizaines d'exhortations à aller plutôt voir The Hills Have Eyes (Alexandre Aja, USA - 2006), Wolf Creek (Greg McLean, USA - 2005), même à aller voir Ils (Xavier Palud, David Moreau, FR - 2006) (!), ainsi que des tonnes de comparaisons à Hostel (Eli Roth, USA - 2005), Natural Born Killers (Oliver Stone, USA - 1994) et même Creep (Christopher Smith, UK - 2005).

Mais on peut surtout lire ce genre de choses (sorties d'un autre film, vraisemblablement):
"des bains de sang gratuits sans raison, des scènes de violence gratuites pour lesquelles il aurait fallu prévoir un sac à vomi",
"C'est bien filmé, c'est bien joué, la musique est bien aussi. Mais c'est nul." (avec des arguments pareils, cet avis tient parfaitement la route - attention ironie inside -)
"des scènes monotones et des personnages sans épaisseur" (sic !)

Les palmes reviennent à ces internautes qui semblent avoir tout compris:
Le premier, certainement du haut de ses 13 ans nous dit : "L'affiche et la bande annonce fait pensé à un bon film d'horreur sur le diable, en fait rien de tout ça." (va voir Hellphone, t'auras gagné ta journée).
Le suivant nous explique : "Lorsque j'ai vu l'affiche et le nom du réalisateur (Zombie) je me suis dit "Et si j'allais voir un bon film d'horreur !" Les premières minutes étaient ... "potables" et puis après... l'horreur, vraiment nul !! Pas de scènes vraiment "gores" digne d'un bon film d'horreur (d'ailleurs je ne comprend même pas pourquoi il est interdit au - de 16 ans !!), à part, peut-être, la scène de l'hôtel mais sinon on ne voit rien !" (bravo, notre gagnant repart avec le dictionnaire de l'horreur suggestive, popularisée par le "-18ans" Massacre à la tronçonneuse (Tobe Hooper, USA - 1974) (servant d'ailleurs de navet à certains incultes, allez savoir !))
Et enfin, The last but not the least :
"À sa sortie, cette montagne de vulgarité parut pourtant très chic à certains critiques parisiens. Snobisme, quand tu nous tiens..." (Rob Zombie, futur mascotte des bourgeois-snobinards ?)

Ces trois critiques mériteraient à elles seules une analyse des plus fine sur l'inculture de certains spectateurs (et je ne rappelerais pas tout de suite les tristes scores des Bronzés 3 - quoique presque sauvable, mais faut vraiment chercher - et surtout de Camping - surnombre aidant, 6 millions de beaufs peuvent bien se foutre de la gueule de ces *** de bourge de 300 chirurgiens de France, va !).

Alors, The Devil's Rejects, kezako ?

D'abord fausse suite du premier film complètement dégénéré (et très MTV-montage-ultra-cut-pas pour les épileptiques) de Zombie, House Of 1000 Corpses, le film reprend les personnages principaux, soit la famille Firefly, composée de Mama, Otis, Baby, Rufus, Spaulding et Tiny. Tout ce beau petit monde ayant charcuté, bien entendu, des cinquantaines de passants (qui n'avaient qu'à pas passer par là, ces abrutis).

Il y a dès le début quelque chose de bizarre avec ce film, c'est que, après 6 minutes, on n'a toujours pas eu de mort atroce (à peine un cadavre d'autostoppeuse) mais qu'à la place, après quelques arrêts sur image du plus bel effet, on a une fusillade dantesque, style assaut de Fort Alamo, flics avec les pattes d'Elvis VS Firefly... en armures types chevaliers teutons.
Bien entendu, vu qu'on n'est qu'à quelques minutes de film, les Firefly s'échappent, et on suit leur cavale. Et pas les flics chargés de les arrêter.

C'est là la première originalité du film : contrairement à la grande majorité de ce type de production, ce sont les "méchants" que nous allons suivre durant le film. Méchants qui deviendront, bien sûr, bien plus sympathiques qu'ils ne le devraient.
Car, en parallèle, on suit (bien moins de temps) le Shérif Wydell chargé de les poursuivre (Shérif qui a perdu son frère dans le premier film - un peu de clins d'oeil ne fait jamais de mal ! - ). Et, si les Firefly gagnent notre sympathie, le Shérif, lui, la perd très rapidement car c'est un passage du côté Obscur qu'il va vivre, avant de sombrer quasiment dans la folie, ce qui tranche avec la "cool attitude" représentée par les bad guys officiels.

Deuxième originalité, ce sont les personnages eux-mêmes.
Joués par des acteurs "à gueules", tous ont un certain background, et surtout, sont moins décérébrés qu'à l'accoutumée.
Sid Haig, et son clown de Cap'tain Spaulding obtient le rôle du chef de famille, qu'il joue avec une conviction étonnante, mais surtout avec une coolitude épatante, son rôle étant relativement bien écrit (on pourra cependant reprocher quelques facilités, du genre "je fais peur au gamin alors que je suis un clown, tiens ! mais c'est drôle ça !").
Sheri Moon Zombie écoppe du rôle de Baby, la fille cinglée de service, rôle qui lui va à merveille, tant il semble lui avoir été écrit sur mesure. Cependant, le père Rob en profite assez souvent pour cadrer Madame au ras des fesses, c'est intéressant une ou deux fois, mais semble facile arrivé à la moitié du métrage.
Enfin, William Forsythe obtient le rôle du Sherif Wydell, personnage réprésentatif des gardiens de la loi dans les westerns dont Rob Zombie s'est inspiré: religieux, charismastique, mais toujours sur le fil du rasoir, et surtout, profondément manichéen.
Mais c'est surtout Bill Moseley qui impressionne, avec son look de Charles Manson christique, les filngues à la main, et le "fuck" à la bouche tous les 3 mots (tout comme le reste de l'équipe d'ailleurs)

Enfin, quid du traitement général?
70's en diable, BO mi-bluesy mi-country pequenot, c'est tout un pan de la musique américaine classique qui y passe (à pas cher en plus, vu le budget du film), de Terry Reid à Lynyrd Skynyrd (dont on retiendra le final flamboyant sur Free Bird).
N'usant pas cette fois-ci de filtres à tout bout de champ, et posant un peu plus son rythme, Zombie donne une sorte d'empathie pour ses personnages, qui permet de mieux s'y attacher. Mais surtout, il capte une tension palpable, de la fusillade introductive jusqu'au motel claustrophobisant.
Enfin, d'un point de vue plus graphique, ce n'est pas vraiment ici qu'il faudra chercher des tripes au dessert. Peu de véritables plans gores (comme c'était déjà le cas pour son premier film), à part un camion qui passe, et un passage à tabac en règle. Cependant, le malaise est plus que palpable, et, malgré ses quelques pointes d'humour noir de temps à autre (mention spéciale à Ken Foree, et son Charlie déconnant), le film reste assez glauque (enfin bon, c'est quand même le but) et malsain (voire un peu déviant, notamment dans le motel).

Au final, Zombie livre ici un film indépendant intéressant, original, mais pas si révolutionnaire que ça. Mais malgré ses quelques longueurs, c'est toujours bien mieux que certaines productions actuelles (il vaut finalement mieux que le Hills Have Eyes sus-nommé, que le faussement choquant, mais foncièrement marrant Hostel et quant à Wolf Creek, contrairement à ici, l'exposition dure 1h, sur 1h20 de métrage, c'est plutôt long pour un film d'horreur; enfin, je ne parlerai même pas de Sheitan, il aura droit à son petit article).

Note : 83 %

Critiques presses

# Posté le samedi 17 février 2007 12:00

Modifié le lundi 03 septembre 2007 07:28

Les Lois de l'attraction - 95 %

Les Lois de l'attraction - 95 %
Les Lois de l'attraction / Roger Avary, USA - 2002


Peu nombreux sont ceux qui connaissent l'oeuvre de l'écrivain Bret Easton Ellis (comparé à Salinger tout de même, cela dit en passant). Less than zero, son premier livre, est publié en 1985, alors qu'il n'a que 21 ans. Il publie le suivant, The Rules of Attraction (dont le film est tiré) en 1987. C'est le troisième qui va le faire connaître internationalement: American Psycho, en 1991. Enfin, ses livres suivant seront The Informers en 1994, Glamorama, en 1999 et enfin Lunar Park en 2005 (qui a obtenu le prix Lire en France en 2006).
A l'exception de Lunar Park, (pour l'instant), tous ces livres ont été adaptés à l'écran (Glamorama est toujours en cours, soi-disant avec Shannon Doherty - c'est pas bien de se moquer - et Rose McGowan - bis repetita - . C'est d'ailleurs Avary qui en a les droits d'adaptation).

Petit exemple de sa verve, avec ce texte sur les Teletubbies (Français ET Anglais).

Dans ses livres, Ellis montre, à travers des personnages types de la frange "jeune" de la société US, la fragilité, mais surtout le laisser-aller de cette frange. Coincée entre des parents absents, un culte de la réussite démarrant en primaire, l'alcool, MTV et la révolution sexuelle due aux nouvelles méthodes de contraception (ses livres se situent dans les 80s), elle ne peut que se gaver de medocs en essayant d'atteindre à tout prix la célébrité (Glamorama), devenir cinglée (American Psycho) et/ou baiser à tout va sans se poser de question (Rules of Attraction). Bref, pas vraiment la vie en rose. A noter que ce sont toujours les mêmes personnages que l'on retrouve d'un livre à l'autre, mais à chaque fois dans un plan différent (exception faite de Lunar Park, mélange de fiction et d'autobio).

C'est là que notre père Avary arrive avec ses gros souliers.

Ayant fortement reconnu son environnement universitaire dans le livre, il décide dès sa publication d'en faire, pour usage personnel, une adaptation ciné (qu'il réutilisera telle quelle en 2001), qu'il garde précieusement dans son tiroir.

Après nous avoir pondu un Killing Zoe (1994) nihiliste (et qui vaut surtout pour sa 2è partie complètement bordélique), et au passage, réécrit en 2 jours la fin de True Romance (Tony Scott, USA - 1993) et le segment de la "montre en or" de Pulp Fiction (Quentin Tarantino, USA - 1994), il fait un bon break avant de revenir avec notre film.

Il s'entoure d'un casting jeune hallucinant, à commencer par James Van Der Beek, oui, Monsieur Dawson en personne, le mec qui a fait fantasmé toute une génération de filles fleurs bleues à la recherche de The prince charmant.
Cependant ici, point de prince charmant. On commence directement par une scène de défloration post alcoolique, brutale, sordide, terminant sur un joli vomi. Simple, efficace. Et soudain, un retour arrière, comme scratcherait un DJ (soutenu de plus par une bande-son parfaite du début à la fin). On revient, on change de personnage, on développe et on recommence. Et puis, retour un an plus tôt.
Aidé par toute une génération montante d'acteurs (Shannyn Sossamon, Ian Somerhalder, Jessica Biel et Kip Pardue, pour les principaux), Van Der Beek donne âme à son personnage de tombeur-loser, et rend encore plus crédible un scénario qui se suffisait déjà assez à lui-même. Avary se paye aussi le luxe avec Faye Dunaway, en guest.

Maîtrisant de bout en bout son propos, le réalisateur met donc l'accent sur l'absence totale de sentiments et de contacts entre les gens.
Alignant les scènes anodines et celles bien plus fortes (l'intro; le quotidien; la fête; re le quotidien; re la fête; le suicide ....) pour finalement revenir au point de départ, et montrer ainsi la routine quotidienne et l'ennui que rien n'efface, Avary brosse le portrait en négatif d'une génération en perte totale de repères et que rien ni personne (surtout pas les profs, sacré Eric Stoltz) ne pourra sortir de là, sans un peu de compréhension.

Et c'est donc d'une certaine mélancolie, doublée d'une colère envers la génération précédente, qui a un peu fait n'importe quoi sans se soucier de ceux qui reprendront les rênes, que tout le métrage est empreint.
En utilisant quelques petites touches inventives de mise en scène, nécessaires pour rendre correctement la superposition des points de vue du livre (sorte de recueil de journaux intimes de plusieurs personnes), il se permet quelques gâteries, à commencer par l'intro scratchée, et surtout, LA rencontre entre Sean et Lauren, un point d'orgue du film, car, au final, seul véritable moment de communication entre deux personnes, au milieu de toute cette ultra moderne solitude plus que palpable.

Ainsi, après trois fêtes, un suicide, des ruptures, des déceptions, bref des moments de vies parmi tant d'autres, la conclusion que "personne ne connaît jamais personne" sonne comme une réalité, et le final, qui n'en est pas vraiment un, comme une évidence et comme la seule manière dont pouvait se finir cette histoire : par là où elle avait commencé.

Ainsi, voici un film fleuve, pour un livre fleuve, et une adaptation réussie, prouvant enfin le talent de scénariste et de réalisateur de Roger Avary, et aplatissant toutes ces dangereuses bêtises que sont ces teens movies insipides essayant de nous enfiler La petite maison dans la prairie en intra veineuse.

Note : 95 %

Critiques presse

NB: le sens de défilement du générique final.
A noter que tous les morceaux de films filmés à l'envers l'ont réellement été, dans le sens où la pellicule a tourné à l'envers. Ces effets n'ont pas été réalisés en post-prod.

Le film est sorti en Coffret 2DVD chez Metropolitan (aussi), avec la version non-censurée de 29 secondes. Pas grand chose en plus donc, si ce n'est un french kiss plein cadre entre Somerhalder et Van Der Beek, et un peu plus de vomi lors de l'intro.

# Posté le samedi 17 février 2007 12:02

Modifié le samedi 14 avril 2007 18:07

Battlestar Galactica 2003 - 94 %

Battlestar Galactica 2003 - 94 %
Battlestar Galactica (2003) / Ronald D. Moore - 2003


The day comes when you can't hide from the things that you've done anymore - William Adama


Sans parler de la série originelle Galactica, un peu vieille pour moi, un peu d'attention au pilote de 3h m'a suffit pour m'accrocher.

L'histoire, plutôt basique, est simple à visionner, mais plus compliquée à expliquer. En gros, les humains ont créé des robots, les Cylons, pour leurs basses tâches. Au bout d'un moment, ils se sont rebellés, ont déclarés la guerre, se sont fait botter le cul (avec bien du mal quand même) et se sont écrasés pendant 40 ans. Sauf qu'ils ont réussi à évoluer, à travers 12 modèles à forme humanoïde (et chacun de ces modèles possédant un nombre de copies illimité), ce que les humains ne savent pas. Un de ces modèles, le Numéro 6 soit une blonde sculpturale, séduit un des plus grands scientifiques humains (Gaius Baltar), lui pique les codes de lancement des missiles nucléaires de la Défense, et hop! Baboum, l'humanité est réduite à 50000 SDF.
D'où l'obligation de fuir pour pas crever bêtement. Et d'essayer de trouver une nouvelle planète pour se reconstruire. Mythique de préférence, la planète. Genre, la Terre.

Au milieu de ces 50000 survivants, tous parqués dans des vaisseaux, se tient le Galactica, vaisseau militaire de classe Battlestar, un des 9 créés il y a bien longtemps, et relique d'un temps révolu, où tout y est manuel pour parer à tout piratage informatique. A sa tête, le major William "Husker" Adama et son second, le colonel Saul Tigh.
Problème: la tragédie Adama. Triangle: père/fils/frère décédé.
En effet, Adama a un fils, Lee "Apollo" Adama, et celui-ci le tient pour responsable de la mort de son inexpérimenté pilote de frangin. Second problème: Kara "Starbuck" Thrace, bûcheronne, rebelle à toute autorité, meilleure pilote de toute la flotte mais aussi ancienne fiancée et instructrice de vol du décédé en question. Et qui lui a filé le diplôme de pilote en cadeau non mérité (EP 1x04-05, Act Of Contrition-You Can't Go Home Again).

Bref, il n'y a pas que du combat spatial et des bestioles extra-terrestres dans la SF (on n'est ni dans Stargate SG-1, ni dans Star Truc. Il subsiste tout de même régulièrement des batailles épiques, où des tonnes de vaisseaux s'étripent dans l'espace sur fond de tambours tribaux (et où il y a, généralement, autant de pertes du côté des gentils et des méchants). Mais force est de constater qu'ici, le traitement est humain, et les problèmes souvent internes.

D'où une audace rarement vu dans une série, et des scénarios nous rappelant très souvent la brulante actualité (la saison 3 et ses relents d'invasion en Irak en est le parfait exemple). On trouve ainsi des élections truquées (EP 2x19-20 Lay Down Your Burdens Part 1 & 2), du marché noir (EP 2x14 Black Market), des réminiscences d'expériences nazies (EP 2x05 The Farm), des militaires qui tirent sur les civils pour les calmer (EP 2x02 Valley Of Darkness), de la manipulation de médias (EP 2x08 Final Cut), des grèvistes directement envoyés au trou (EP 3x16 Dirty Hands), j'en passe et des meilleures. En gros, c'est sombre, et on n'est pas là pour se marrer.

C'est là où la série est vraiment fantastique : dans son absence totale de concessions.

Opposant régulièrement la force militaire au gouvernement en place (même à 50000, il faut encore des lois, et c'est la maîtresse d'école qui écope de la place de Président, si si) (EP 1x12-13 Kobol's Last Gleaming), c'est aussi un climat de tension paranoïaque que le show installe, n'oubliant jamais que l'homme est un loup pour l'homme (Cf l'arc triple autour du Pegasus, EP 2x10 Pegasus, 2x11-12 Resurrection Ship Part 1 & 2, certainement parmi les meilleurs de la série). En effet, vu que le sauveur de l'humanité (notre Gaius adoré) est à l'origine de la perte de l'humanité, où trouver un peu de réconfort ? Pas dans le peu de survivants restants, trop occupé à se plaindre. Pas dans la religion, personnifiée par la Présidente qui en devient quasiment Jesus himself. Pas dans l'armée, trop carrée dans sa hiérarchie. Encore moins chez son prochain, vu que celui-ci est un Cylon potentiel (je vous laisse imaginer l'état des ongles et du pied de la table en bois quand un personnage ne se fait ne serait-ce que vaguement soupçonné d'en être un). Ils ont d'ailleurs leur épisode dédié, changeant complètement la donne au passage, tout en achevant des les humaniser, EP 2x18 Downloaded.
Ceux-ci, à la fois sorte de Nemesis et de personnification de l'étranger, ramènent clairement à l'idée que c'est bien l'homme qui crée ses propres problèmes. Mais, c'est ils sont surtout un moyen pour les scénaristes d'amener un racisme primaire qui aura plus d'une fois des conséquences (on passera les tonnes de "toaster" lancés à l'égard des Cylons pour se souvenir surtout de l'EP 1x08 Flesh And Bone, qui nous fait revenir au temps de la controverse de Valladolid, et de l'EP 2x10 Pegasus - eh oui, encore - où c'est carrément un viol qui est laissé perpétré).

Se posant donc comme le renouveau de la SF, qui campait jusqu'ici au milieu des acquis type "on se télé transporte sur Xuluq31, on neutralise les preneurs d'otages Zorglubiens et on récupère la Porte de la Lune étoilée pour repartir chez nous", c'est une saga SF à hauteur d'homme qui étend ses ailes devant nos yeux, prenant de l'ampleur au fil des épisodes.
Portée par une interprétation sans faille jusque dans ses plus petits rôles, mais surtout dans ses rôles principaux (Edward James Olmos en tête), épaulée par une mise en scène nerveuse et éclairée (cf le plan circulaire final de l'EP 2x10 Pegasus) et par des SFX toujours efficaces, soutenue par une musique tour à tour orchestrale puis tribale (avec en point d'orgue The Shape Of Things To Come, Something Dark Is Coming, Prelude To War, Storming New Caprica et Violence And Variations ), originale jusque dans son générique (qui comprend une première partie commune à tous les épisodes, puis une deuxième contenant un montage ultra serré d'images de l'épisode en cours), cette série ne souffre que d'une seule chose: être uniquement diffusée en France sur Sci Fi.

Heureusement, la sortie DVD s'est faite dernièrement chez Universal.
Le pilote est trouvable à l'unité (Pilote de 3h + doc de 25 minutes), la saison 1 en coffret de 4 DVD (13 épisodes de 42 minutes + 6 docs de 10 minutes + 1h de scènes coupées à ne pas négliger) et la saison 2 en coffret 6 DVD (20 épisodes de 42 minutes + l'EP 2x10 Pegasus en version de 55 minutes + l'EP 2x20 Lay Down Your Burdens Part 2 en version de 65 minutes + 2h de scènes coupées, à ne toujours pas négliger).
10 webisodes (The Resistance) de quelques minutes ont été diffusés par Internet (et ont fait pété les scores de downloads au passage).
La saison 3 (20 épisodes) s'est achevée (le final a été diffusé le 25 mars 2007) sur Sci Fi USA, et une 4ème saison de 22 épisodes a été définitivement confirmée, et elle pourrait être la dernière.
Deux films sont annoncés en direct-to-DVD (un sur Caprica, et un situé entre la saison 3 et la 4), et un jeu vidéo online se prépare à sortir sur Xbox360 (après le shoot médiocre déjà dispo sur PS2).

Note : 94 %

Critiques des spectateurs

Les 2 sites énoooormes sur la série:
battlestar-galactica.fr
battlestargalactica-online.com

Une analyse très intéressante faite sur la série

Enfin, l'excellent dossier fait par Ecranlarge.

# Posté le lundi 19 février 2007 15:43

Modifié le mardi 25 août 2009 17:33